Les neurosciences cognitives – étude de la structure et du fonctionnement du cerveau pour expliquer les processus cognitifs : mémoire, langage, raisonnement, apprentissage… – le clament : jouer rend notre cerveau plus malléable et donc plus ouvert aux apprentissages.

C’est dans un interview du journal Le Monde (février 2014), à l’occasion de la sortie de son livre Apprendre à lire, des sciences cognitives à la salle de classe (éditions Odile Jacob) que Stanislas Dehaenne, professeur au Collège de France, psychologue cognitif et neuroscientifique, l’affirme.

« Vos recherches en imagerie cérébrale démontrent que tous les enfants bénéficient des mêmes capacités cognitives. Alors, comment expliquer que les élèves issus de milieux défavorisés ont plus de difficultés que les autres pour apprendre à lire ?

Les réseaux fondamentaux de la vision et du langage sont effectivement les mêmes pour tous. Ce qui manque, en revanche, aux plus démunis, c’est un environnement stimulant. Faute de livres, leur vocabulaire est réduit. Faute de jeux intelligents, leur flexibilité cognitive est moindre. Résultat : ils sont plus vulnérables que les autres aux troubles de l’apprentissage. »

Si le rôle d’un environnement stimulant pour les jeunes enfants est connu depuis longtemps, avec notamment l’entourage de livres pour l’acquisition du vocabulaire et l’entrée dans la lecture, la reconnaissance du rôle joué par un environnement composé de jeux intelligents est une nouveauté.

Précisions sur la signification de la flexibilité cognitive (mentale) : c’est la capacité à s’adapter et à passer d’une tâche cognitive à une autre ; à passer d’un comportement à un autre en fonction des exigences ; à réfléchir à plusieurs possibilités à un moment donné pour résoudre les problèmes (source : psyhomédia). On comprend dès lors que c’est une capacité essentielle pour tout apprentissage.

Facilité d’apprentissage

Toujours d’après Stanislas Dehaenne, la vitesse et la facilité d’apprentissage dépendent de 4 facteurs :
– attention
– engagement actif
– retour d’information
– consolidation
Tiens, tiens, ne retrouverait-on pas beaucoup de ces facteurs en jouant ? En particulier à des jeux comme les casse-têtes ou les jeux abstraits ?
D’ailleurs Stanislas Dehaenne va même jusqu’à citer deux jeux.

Pas d’excitation prématurée… il s’agit, bien entendu, de deux petits jeux vidéo conçus par l’INSERM (La course aux nombres et L’attrape nombres).  Pourtant ce ne sont pas les jeux de société travaillant la numération qui manquent, ne serait-ce que ceux avec des dés ! Allez monsieur Dehaenne, venez jouer quand vous voulez à Ludikécole pour découvrir l’univers des jeux de société 😉

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus sur ces 4 piliers de l’apprentissage : lisez : « Les grands principes d’apprentissage » résumé de la conférence donnée par Stanislas Dehaenne au Collège de France ou regardez la  en vidéo.

Pour retrouver toutes les vidéos des conférences données au Collège de France en 2012, sur les sciences cognitives et leur implication pour l’éducation par Stanislas Dehaenne et ses confrères.